mercredi 25 avril 2007

Compte rendu de conférence: "Le rapport de développement humain dans les pays Arabes : Vers La promotion de la femme"



Voici le compte rendu de Leila Bouasria qui a participé à la Conférence sur "Le rapport de développement humain dans les pays Arabes : Vers La promotion de la femme" à Marrakech le 19-20 Avril 2007.

En 2002 , le rapport de développement Humain considérait le manque d’autonomie des femmes arabes comme l’un des facteurs principaux empêchant les pays arabes de regagner le sommet des classements mondiaux en terme d’éducation, d’échange et de culture.
Le Rapport de 2005 ayant comme thème principal ‘la promotion de la femme’ est le dernier en date d’une série de quatre qui évalue les avancées acquises par les femmes Arabes.

Programme du colloque :
Séance d’ouverture du colloque : Présentation du rapport
Première séance : Contexte général de la réalité de la femme Arabe dans le rapport
- Nadir Moumni : La représentation politique des femmes dans le rapport humain Arab
- Zoubir Arouss : LA femme Arabe et la participation politique
- Ahmed Idriss : Droits et liberté de la femme Arabe dans le rapport
Deuxième Séance :
- Abdelaziz Guessous : Societé Civile et promotion de la femme
- Pr. El Kassimi : L’image de la femme dans la littérature Arabe contemporaine
Troisième Séance : La femme Arabe : Etude de cas
- Mohamed Malki : La moudawana : fruit d’une lutte au Maroc
- Mohamed Elghali : LA condition de la femme Marocaine à travers le rapport
- Fatiha Sahli & Abdelmalek El Ouazzani : Femme marocaine en milieu Urbain : étude de cas
- Omar Kouch : Femme Syrienne entre Rapport et réalité
- Omar Darras : Mobilité professionnelle et sociale de la femme active algérienne
Quatrième Séance : Bilan et perspectives d’avenir en matière de liberté
- Laroussi Amri : La centralité de la femme : concept pour une démarche alternative de libération féminine
- Massoud Daher : Perspectives de la promotion de la femme à l’ère de la mondialisation
- Ahmed Benchikh : Evaluer l’empowerment des femmes dans le monde Arabe

Synthèse

Le volet politique dans le quatrième rapport a certes fait ressortir la grande avancée réalisée par la femme Arabe durant cette dernière décennie. Les résultats quantitatifs présentés par le rapport étant, par ailleurs, de nature hétérogène, rendent difficile la comparaison entre des pays différents comme L’Arabie Saoudite, Sultanate Oman ou Kuwait ou la lutte concerne encore le droit de vote et d’autres pays qui applique l’approche genre dans leurs politiques publiques. Les progrès inégaux (à vitesse différente) réalisés par les pays Arabes rendent impossible une synthèse qui reflète les avancées politiques dans ces pays. Le rapport a fourni une base de données et des résultats quantitatifs évaluatifs des faits réels mais qu’en est t’il des mécanismes d’accès des femmes à la représentation politique ? Dans le cadre des critiques adressées au rapport, quelques propositions ont été faites quant à l’importance d’analyser l’impact des structures de partis politiques sur la participation de la femme (impact de la loi des partis, mode de scrutin, l’architecture électorale..) et le rôle des femmes dans les partis, ainsi que la limite du système de quota.

Il a aussi été suggéré de relater le parcours des mouvements féministes Arabes notamment celles qui ont une orientation islamique en mettant en exergue la différence entre ces dernières et d’autres mouvements qui s’inspirent d’autres idéologies.

L’autre point important qui a été discuté concerne les distorsions flagrantes entre le droit et la réalité dans les pays Arabes. Même quand les lois sont équitables, le manque d’information ainsi que les résistances culturelles rendent leur application difficile.

Les termes tels qu’équité ou égalité peuvent avoir un sens différent dans la culture Arabe (moussawate et mounasafa). Le professeur Ahmed Idriss a essayé de faire la distinction afin de surmonter ces difficultés sémantiques. Comme l’égalité n’est pas toujours synonyme d’équité, Selon lui « l’Egalité dans la culture Arabe ne se traduit pas par une égalité juste…Egalité est un concept juridique qui est mesuré selon des critères concrets alors que l’équité peut renforcer des rapports non égalitaire entre les individus. » Ahmed Idriss a donné l’exemple de l’héritage qui renforce l’inégalité mais qui est considéré dans nos contextes comme un jugement d’équité parce qu’il prend en considération les devoirs des époux en tant que pourvoyeurs de revenus. Dans le contexte Arabe, le fait de mettre en perspective les débats législatifs renvoie aux débats sur l’héritage religieux parce que les lois juridiques sont confrontées à leur conformité au droit musulman. La question féminine n’est donc pas purement juridique mais apparaît liée à d’autres dimensions.

Hormis les difficultés d’analyse des avancées, quelques intervenants ont exprimé leur désaccord quant à quelques postulats émis par le rapport. Professeur Kacimi , par exemple, affirme, contrairement aux constats du rapport, que la littérature Arabe contemporaine renforce l’image des femmes Arabes soumises et les cantonne dans le rôle de la femme, qui a travers la ruse détourne les jeux de séduction. Les romans ayant été livrés comme exemple sont :abir sarir d’Ahlam Moustaghanmi, sayf lan yatakarrar de Berrada, fitnat al rououss wa nisswa de Bensalem Himmich.

Durant la deuxième séance a été tracée l’évolution du mouvement féminin Arabe. L’intervention du professeur Malki s’est penchée sur la moudawwana marocaine. La question féminine marocaine a été intégrée dans la lutte nationaliste . Selon lui, les femmes Marocaines ont participé activement à la résistance contre le colonisateur en inscrivant leur lutte dans une perspective purement nationaliste. (lutte pour watan avant d’être une lutte pour mouwatana) L’évolution de la question féminine Marocaine a ainsi été divisée en trois phases prépondérantes :
        o Lutte contre le colonisateur
        o Construction d’un état nationaliste
        o L’éveil d’une nouvelle conscience féminine qui s’inspire du discours international.

L’éveil de cette nouvelle conscience a été marqué par l’élargissement du débat sur les réformes du statut personnel. Selon professeur Malki, cette nouvelle conscience est une consécration des acquis des années de lutte et ont été largement favorisé par deux facteurs :
        - Le contexte politique marocain caractérisé par l’ouverture
        - Le discours international

Certains intervenants ont jugé le débat actuel marocain sur les réformes élitistes et se sont interrogés sur les mécanismes de fonctionnement de l’ancienne commission royale dans le cadre de laquelle les débats sont restés fermés.

Les intervenants ont aussi dénoncé l’absence de la femme rurale dans le rapport qui lui a juste consacré quelques paragraphes limitées et ne l’a pas intégré parmi les femmes actives. Une étude de cas conduite par professeur Fatiha Sahli conjointement avec professeur Wazani sur les communes avoisinantes de la ville de Marrakech a relevé l’importance de cette dimension.

La dernière étude de cas discutée lors de ce colloque concerne la mobilité sociale des femmes Algériennes. Après avoir signalé le nombre réduit d’études sur la mobilité sociale des femmes (une seule étude en France en 1993) dû à la considération de la femme comme ayant le rôle secondaire après l’époux. Pr.Darras, a travers son enquête, a tenté de faire ressortir la mobilité sociale féminine en cassant le paradoxe d’Anderson selon lequel l’éducation ne résout pas le problème des inégalités des chances. L’enquête a montré une distinction entre les différents éléments dynamisant les mobilités féminines et masculines. Cette dernière est favorisée par l’ancienneté tandis que la féminine reste étroitement tributaire de l’éducation.

Dr.Darras a ainsi mis l’accent sur le rôle du capital scolaire chez les femmes Algériennes qui , à cause du phénomène de massification des diplômes, perdent le canal qui les mènent vers l’ascension sociale et retombent dans la déqualification.

Leila BOUASRIA 

lundi 23 avril 2007

Appel à propositions: "Femmes et vie publique" (MERC / Arab Women Organisation)

Le MERC (middle East research competition) en collaboration avec l'organisation des femmes Arabes (Arab women Organisation) organisent conjointement une table ronde autour du thème 'Femmes et vie publique: Renforcement des capacités et participation dans le domaine des études et recherches sociales'. Date limite pour la remise des abstracts est Avril 2007.

Pour plus de détails, vous pouvez consulter l'adresse suivante:
http://mercprogram.org/content/view/19/14/lang,fr/

mardi 17 avril 2007

2007 DABA: "Femmes parlementaires et l'approche Genre"

L’association 2007 Daba organise une journée sous le thème « Femmes parlementaires et l’approche Genre ». Cette conférence se tiendra le mardi 24 avril 2007 à l’hôtel Idou Anfa Casablanca.
Le nombre de places étant limité, l'entrée se fait sur invitation. Ainsi, toute personne intéressée est priée de contacter Laila Hamili (responsable de la Commission Femmes - 2007 DABA) à l'adresse suivante: lailahamili@yahoo.fr

lundi 16 avril 2007

COLLOQUE international à Marrakech "La femme dans le rapport arabe sur le développement humain"

Du 19 au 20 Avril 2007 se tiendra un colloque international à Marrakech sur "La femme dans le rapport arabe sur le développement humain". Cette rencontre sera organisée par le Centre d'Etudes constitutionnelles et politiques (CECOP) et la Faculté de Droit de Marrakech qui organisent annuellement un colloque sur le "Rapport du développement humain arabe".  
Ils seront soutenus par la Fondation Konrad Adenauer.

Leila Bouasria représentera le GREGaM lors de cette rencontre et pourra nous en dire plus une fois de retour!

dimanche 15 avril 2007

Femmes, famille et droit au Maghreb (Année du Maghreb, 2005-2006, Tome 2)

Dossier : Femmes, famille et droit
Sous la direction de : Karima Dirèche-Slimani

Quelle place occupent les femmes aujourd'hui ? Comment déchiffrer les dynamiques politiques et les conservatismes propres à chacun des pays de la région ? Le dossier, coordonné par Karima Dirèche-Slimani, s'attache à décrypter les évolutions de moeurs et de mentalités à l'oeuvre dans les sociétés maghrébines à partir des codes de la famille. Une analyse riche et pertinente. Car si le Maroc tend à consacrer l'égalité juridique entre homme et femme depuis 2004, l'Algérie demeure plus réservée en la matière. Quant à la Tunisie, elle a célébré en 2006 le cinquantenaire du code de statut personnel abolissant la polygamie et la répudiation. Un dossier essentiel qu'accompagnent, à côté des habituels Gros Plans, Notes, Points de vue, Rubriques d'analyse, Études thématiques, des sujets à la pointe de l'actualité : qu'en est-il du pouvoir médiatique au Maghreb ? Qu'en est-il des Maghrébins en Europe ?

En plus de contributions sur l'Algérie et la Tunisie, vous y trouverez plusieurs articles sur le Maroc d'auteurs comme:

Mohamed Mouaqit, "Modernisation de l'État, modernisation de la société, réforme de la Moudawwana"

Ángeles Ramírez, "Paradoxes et consensus : le long processus de changement de la Moudawwana au Maroc"

Kamal Mellakh,"De la Moudawwana au nouveau Code de la famille au Maroc : une réforme à l'épreuve des connaissances et perceptions « ordinaires » "

Parution mars 2007 : L'Année du Maghreb, 2005-2006, Tome 2, Dossier Femmes, famille et droit au Maghreb, 704 p.

vendredi 13 avril 2007

Masculinités : Appel à contributions, numéro de la revue Sextant, 2008

Voici un appel d'offres intéressant! C'est un peu juste puisqu'il faut avoir envoyé les propositions le 15 Avril...mais sait-on jamais!

Masculinités Appel à contributions, numéro de la revue Sextant, 2008


Le masculin n’a jamais été autant mis à la question. Disséqué, contesté, mis à nu, notamment par la recherche académique, ce concept auparavant monolithique est à présent envisagé sous de multiples facettes. Les sciences sociales, stimulées par les études sur le genre, font désormais des masculinités un objet d’études à part entière.
Sextant entend faire le point sur ces recherches novatrices en leur consacrant un numéro thématique, à paraître en 2008. Créée en 1993 à l’Université libre de Bruxelles, Sextant est une revue pluridisciplinaire consacrée au genre.
On envisagera les masculinités du XVIIIe au XXIe siècles dans une approche comparatiste, permettant une réflexion élargie sur le genre et les sociétés modernes. C’est pourquoi les perspectives de l’histoire, de la sociologie, de la littérature, des sciences politiques, de l’histoire de l’art ou encore de l’anthropologie seront les bienvenues.
L’accent sera mis tant sur les approches historiographiques ou prospectives, que sur les contributions abordant un terrain particulier ou une thématique spécifique. Parmi les divers angles d’approche possibles :
Institutions qui font et défont la masculinité normative Classes sociales Marges et impensés de la « normalité » masculine Colonies, ethnies Pouvoir et contrôle social Sexualités Age et génération Cultures politiques Guerre et paix Dialectique masculin/féminin
Les propositions d’articles, rédigés en français ou en anglais, seront envoyées par e-mail pour le 15 avril 2007. Ces propositions ne dépasseront pas une page et seront accompagnées d’une présentation de l’auteur-e. Les articles retenus par le comité éditorial de Sextant devront être remis pour le 15 octobre 2007.

Adresse contact: bruno.benvindo@ulb.ac.be
Bruno Benvindo Université libre de Bruxelles Département Histoire, Arts, Archéologie - CP 175/01 Avenue F.D. Roosevelt, 50 1050 Bruxelles - Belgique

lundi 9 avril 2007

HAMILI Laila

Laila HAMILI a obtenu son DEA "Dynamiques comparées des sociétés en Développement" (option sciences politiques) à l'Université Paris VII. Son mémoire portait sur la Réception du nouveau code de la famille à travers les classes populaires (Mention très bien). Elle est actuellement doctorante en études politiques à l'EHESS (Paris) et son travail traite de l'émergence de la question féminine au Maroc. Elle a présenté ses travaux dans plusieurs conférences internationales et a été responsable de la commission Femmes à l’association 2007 Daba. Après avoir occupé le poste de coordinatrice de projet à l'USAID, elle a rejoint le Système des Nations Unies pour un poste de Programme Analyste aux Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA). Orientée davantage vers "la recherche action", la démarche analytique prend ses sources également dans les systèmes de suivi tels que Monitoring & Evaluation et la Gestion de Programme Axée sur les résultats (GAR).

En parallèle, elle a écrit de nombreux articles et dossiers de presse publiés dans la presse marocaine.

Thèmes: Sociologie des mouvements féministes au Maroc, politique coloniale, droit de la famille, partis politiques, syndicats.


Publications:
  • "Mohamed Saïd Saâdi revient à Derb Soltane, son quartier natal" in La Vie Eco, 31 août 2007
  • "Reforme du statut de la femme au Maroc : changement de texte et statu-quo au contexte", article paru en 2005 sur le site Babelmed: http://www.babelmed.net/index.php?menu=200&cont=2005&lingua=fr
  • "Le Code de la famille Marocaine entre réception, conception et pratique: le cas de la France", Acte du Colloque sur L'application de la Moudawana en Europe: défis et perspectives, Paralleli - Instituto Euromediterraneo del Nord Ouest, Turin - Italie, 2007
  • « Le mouvement des femmes Marocaines dans une perspective historique : expressions les plus significatives, les formes organisationnelles et les axes prioritaires », Séminaire, "Histoire croisées des luttes des femmes maghrébines pour leurs droits", Ville de Paris, Association des Tunisiens de France – Paris, France

Comprendre le concept genre (par Massan d'Almeida)

Le numéro de Genre en Action pour les mois de mars et avril 2007 vient de paraître en ligne. Parmi les nombreux articles de ce numéro, en voici un qui explique de façon synthétique la genèse et l'utilisation du concept GENRE:


COMPRENDRE LE CONCEPT GENRE
par Massan d’ALMEIDA


Le genre est un concept qui a été imaginé par les féministes afin de rendre compte des relations différenciées et inégalitaires qu’entretiennent les hommes et les femmes dans nos sociétés. Le féminisme entendu comme un concept, une idéologie ou tout effort/engagement visant à mettre en lumière l’existence des discriminations dont sont victimes les femmes et à changer cette situation. De ce fait, toutes les personnes (universitaires, chercheur-e-s, militant-e-s) impliquées dans le traitement des questions touchant aux droits des femmes sont des féministes.


1. Genèse du concept genre

Le genre est un concept d’origine anglo-saxonne connu sous le vocable de « gender » et qui a généré en français plusieurs expressions notamment : relations de genre, sexospécificité, rapports sociaux de sexe, sexe social, égalité entre les sexes, égalité hommes-femmes, etc. C’est un concept qui est né à l’issue d’un long processus de l’engagement féministe à lutter contre les situations d’oppression que vivent les femmes. L’intégration du concept genre dans la pensée et les stratégies de développement a été réalisée selon des étapes bien définies. L’on est parti de l’approche Intégration de la Femme au Développement (IFD) à l’approche Femme et Développement (FED) avant d’en arriver à l’approche Genre et Développement (GED).

Le concept de l’Intégration de la Femme au Développement (IFD) ciblait la femme, parce que l’on estimait que jusqu’alors, elle était exclue de la sphère du développement. Il avait pour but de parvenir à un développement plus efficace et plus performant en prônant des projets féminins, des composantes femmes dans les projets, des projets intégrés et des activités génératrices de revenus. Malheureusement, ce concept n’a pas comblé les attentes, car il ne s’attaquait pas aux causes fondamentales qui empêchaient les femmes de participer au développement de leurs sociétés. C’est la raison pour laquelle d’autres progrès ont été réalisés et que la formule « Femme et Développement » (FED) fut élaborée.

L’approche « Femme et Développement » se fonde sur le postulat que les femmes ont toujours fait partie des processus de développement. Elle met l’accent sur la relation entre les femmes et le processus de développement plutôt que seulement sur les stratégies d’intégration des femmes au développement. Dans cette approche, la mise en valeur de la contribution des femmes est perçue comme un élément de la modernisation économique et sociale. L’accent est mis sur les rendements élevés, en termes de bien-être et de capital humain, de l’investissement dans l’éducation et la participation accrue des femmes, compte tenu notamment du retard accumulé dans ce domaine (1). Théoriquement, elle met l’accent sur l’impact social, mais en pratique et dans la conception et la mise en œuvre des projets, elle a tendance, comme l’IFD à regrouper les femmes sans analyser suffisamment les différences sexuelles et les divisions de classe, de race, ou d’ethnie qui toutes ont une influence importante sur le statut social des femmes.

C’est alors que l’approche « Genre et Développement » (GED) est apparue comme une solution de rechange et de correction des insuffisances constatées dans les autres approches. Selon cette vision, les hommes et les femmes créent et perpétuent la société. Ils déterminent la répartition des tâches, mais les bénéfices et les souffrances sont mal partagés. Car ils ont des rapports différents les uns avec les autres au sein de la société, malgré une certaine interdépendance, et évoluent dans des secteurs différents de la communauté. A cause de leurs rôles sociaux, les hommes peuvent selon leur bon plaisir restreindre ou élargir les options des femmes. Il n’est donc pas surprenant de constater que le développement se répercute de façon différente sur les hommes et sur les femmes car chaque catégorie exerce une influence différente sur les projets et les ressources. Or si l’on veut faire avancer les intérêts de la communauté, les deux doivent participer à l’identification des problèmes et des solutions. L’approche GED s’appuie alors sur l’ensemble de l’organisation sociale, de la vie économique et politique, afin de comprendre la formation des aspects particuliers de la société. Elle s’intéresse, non pas à la femme en soi, mais, à la construction sociale de genre et à l’attribution des rôles et des responsabilités spécifiques que la société attend des hommes et des femmes. Le genre n’est donc rien d’autre qu’un construit social. (2) 2. Comprendre le concept genre

Le genre en tant que concept fait référence aux rôles et responsabilités des femmes et des hommes tels qu’ils sont déterminés par la société. Il est lié à la façon dont nous sommes perçus et censés penser et agir en tant qu’hommes et femmes en fonction de l’organisation de la société et non du fait de nos différences biologiques. Ces rôles et responsabilités renvoient aux différents travaux effectués par les hommes et les femmes, à leurs besoins pratiques et stratégiques, à leurs différents niveaux d’accès aux ressources et aux différentes sphères dans lesquelles ils ou elles peuvent prendre des décisions et exercer un contrôle sur les ressources et les avantages. Ces rôles et responsabilités sont déterminés d’un point de vue social et culturel et peuvent différer d’une communauté à une autre, d’un pays à un autre. (3)

Le genre peut être défini comme un ensemble de rôles fixés par la société et culturellement variables que les hommes et les femmes jouent dans leur vie quotidienne. Il fait référence à la relation structurellement inégalitaire entre les hommes et les femmes, telle qu’elle se manifeste au niveau micro (au sein de la famille) et au niveau macro (par exemple sur le marché du travail). Il prend racine dans les valeurs traditionnelles observées par nos différentes sociétés, et a des répercussions sur la loi et les politiques de développement de nos pays. Le genre est une notion dynamique et il subit l’influence des mutations sociales ; il est parfois fonction de l’âge des acteurs, de leur niveau d’instruction, de leur origine sociale et milieu de provenance, de leur religion, etc. Cependant, bien que le genre soit une notion très variable, il renferme un dénominateur commun : l’oppression universelle des femmes.

Vous trouverez la suite de l'article sous:
http://www.genreenaction.net/spip.php?article5514

mardi 3 avril 2007

Enfin chez soi ? Récits féminins de vie et de migration



Enfin chez soi ? Récits féminins de vie et de migration. Un ouvrage de Perla Serfaty-Garzon, (Paris, Editions Bayard et Montréal, Bayard Canada, 2006, 185p.)

"C’est à un long voyage dans l’espace géographique et dans les espaces de l’intime que nous convie Perla Serfaty-Garzon à partir d’entretiens qu’elle a menés avec des femmes ayant vécu deux émigrations. Certaines d’entre elles sont parties, adolescentes, du Maroc pour la France puis pour le Canada. D’autres, chassées de leur pays dès le berceau et la très petite enfance par l’avancée des troupes hitlériennes, connaissent d’abord l’errance à travers l’Europe de l’Est avant de vivre en réfugiées en Suisse puis, à l’adolescence, d’émigrer au Canada. Toutes sont aujourd’hui des femmes qui se sont dotées d’une carrière et d’une riche vie familiale".

Vous trouverez une présentation de l'ouvrage faite par Françoise HURSTEL sous: 
http://www.liens-socio.org/article.php3?id_article=2145


lundi 2 avril 2007

ARTICLE: L’image de la femme et les violences symboliques à son égard au Maroc

Vous trouverez un article intéressant sorti du rapport annuel du Collectif 95 paru en 1998-1999.

Cet Article ne traite pas de la violence directe mais de la violence symbolique exercée contre les femmes. Cette forme de violence toucherait avant tout à l'image que la société a de la femme et de la répartition des rôles dans la société et à la construction ou le renforcement même de cette image à travers les médias (télévision, pièce de théâtre, spots publicitaires).